voici une double homélie, celle entendue ce matin à la Chapelle du Berceau est à lire ci-dessous

et une autre en audio: => Jésus n’est pas magicien

 

 

28° T.O. C Le Berceau Le Berceau 9 oct 22.

Frères et Soeurs,
Vous avez sans doute admiré en frissonnant, ces femmes et ces hommes, qui se jettent
à grand risque, dans le vide, soutenus par leur parapente ou leur parachute et qui atterrissent
sains et saufs après avoir eux-mêmes vibrés de peur et de plaisir. Il en est ainsi de la vraie vie
évangélique. Quand nous décidons de miser notre existence sur Dieu, nous entreprenons une
aventure… et quelle belle et audacieuse aventure ! La liturgie de ce jour nous offre la
possibilité d’une revue sincère à ce sujet : quels risques prenons-nous pour Dieu ? Cela mérite
réflexion. Alors, entreprenons-la, ensemble.
1° Il s‘agit d’bord de regarder notre vie telle qu’elle est, là où nous en sommes comme
nous voyons Jésus marchant vers Jérusalem. Ce n’est pas une partie de plaisir. Il pourrait déjà
gémir sur le sort qui l’attend et dont les mailles de la nasse se resserrent, kilomètre après
kilomètre. Au lieu de fuir, de prendre ses distances il s’approche et se laisse approcher, il
s’ouvre aux autres ; il est atteint par dix lépreux qui restent « à distance » selon la loi de
l’époque, ce que nous avons bien connu ces deux dernières années.
Considérons notre façon de réagir. Sur la route de notre vie, nous sommes en marche,
jeunes, en pleine maturité ou déjà avancés en âge. Notre route a croisé un jour celle de Jésus.
A quelle distance nous sommes-nous positionnés par rapport à Lui ? Très proches, plus
éloignés, loin, très loin et pourquoi ? Le péché est comme  une lèpre  mais quel pouvoir lui
attribuons-nous ? Ne sommes-nous pas tentés d’en faire une séparation d’avec Dieu, une
coupure définitive ou un frein plus qu’un ralenti ? Quelle idée nous faisons-nous du péché ?
Nous met-il « hors service » ou est-il occasion de rebondir grâce à Jésus ? Je suis dans telle
situation et donc Dieu m’en veut ou bien, je crois qu’il ne m’aime plus, que je suis rejeté par
lui ! J’échafaude des hypothèses fausses et antiévangéliques.
2° Regardons maintenant les dix lépreux arrêtés, donnant de la voix et criant : «Jésus,
maître, prends pitié de nous». Ecoutons leur détresse, leur prière ; ils disent « maître », non
qu’il le réduise à un enseignant mais parce qu’ils font appel à sa puissance et st Luc en bon
médecin qu’il est, affectionne ce titre riche de pouvoir de guérison ; les dix lépreux mettent
leur espoir humain en Jésus.
Pourquoi n’aurions-nous pas la même confiance ? Quand la détresse nous saisit, quand
l’angoisse nous paralyse, quand coulent les larmes, crions-nous vers Jésus? D’autant plus que
nous pouvons, sans craindre de barrières nous approcher de Lui. Qui est Jésus pour moi, un
ami, un frère, un médecin, un guérisseur, un homme bon au cœur ouvert et dilaté par

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l’amour ? Si nous en sommes là, bingo nous avons gagné un lot de consolation ! Et nous
pourrions arrêter ce récit là mais il y a plus…
3° Selon st Luc l’histoire continue et le meilleur est sans aucun doute pour la fin. Les
dix lépreux sont purifiés, tandis qu’ils vont faire attester leur guérison par les prêtres, toujours
selon la loi, car Jésus s’y soumet et n’est pas un rebelle. Et c’est là que l’inattendu et
l’admirable se produisent. Un seul revient sur ses pas pour dire merci. Et deuxième
phénomène, c’est un Samaritain, un étranger, un juif schismatique, un adorateur du mont
Garizim, un païen, bref quelqu’un qui a tout pour déplaire : il glorifie « Dieu à pleine voix »,
« il se jette face à terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce ». Et tombent les derniers
mots de la bouche divine, des mots incisifs et définitifs : « Relève-toi : ta foi t’a sauvé ».
L’étranger lépreux a fait plus que dire merci ; sa démarche l’a engagé tout entier et il l’a
exprimé par tout son être jusqu’à se prosterner. Sa foi réalise ce que Jésus est pour lui, son
« Sauveur ». L’homme est conforté par Dieu. Il est remis en état de marche, redressé, en
condition de vivre ce qu’il est en profondeur, fils de Dieu, prêt à revoir et à donner car « on
n’enchaîne pas la Parole de Dieu » ; elle est toujours efficace ! Elle fait ce qu’elle dit !

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Frères et Soeurs,
Aujourd’hui sommes- nous des êtres reconnaissants parce que des croyants ? Jésus est
notre lumière, notre vie, notre chemin, notre guérison, Celui qui change notre existence et lui
donne sens. Comment ne pas souhaiter à chacune et à chacun d’être porteurs de joie parce
qu’habités et tirés du mal sous toutes ses formes par sa présence. « Il ‘y a pas d’autre Dieu
sur la terre » clamait le général Syrien Naaman, lépreux guéri lui aussi ; et st Paul nous
rassure parce que Jésus vient toujours à notre rencontre plus que nous n’allons à la sienne :

« Si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole,
car il ne peut se renier lui-même »

Amen

J-P Renouard cm – renoird@orange.fr –